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1,1 centime le kWh : on continue le bénévolat… ou on garde notre solaire ?

  • Richard Eret
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Depuis juin 2026, l'État te propose officiellement de vendre ton électricité solaire à 1,1 centime le kWh, pendant qu'on te la refacture près de vingt fois plus cher sur ta facture. À ce tarif, ce n'est plus vraiment du commerce, c'est du bénévolat énergétique ; la bonne nouvelle, c'est qu'il existe une alternative simple : garder ton solaire pour toi.


1. 1,1 centime le kWh : pourquoi continuer à donner notre électricité ?


Le nouveau tarif d'achat du surplus photovoltaïque est de 1,1 centime d'euro par kWh pour les petites installations. En face, un particulier paie son électricité autour de 20 centimes par kWh.


• 1 kWh autoconsommé fait économiser environ 0,20 € sur la facture.

• 1 kWh revendu au réseau rapporte seulement 0,011 €.


Le même kilowattheure vaut donc près de 20 fois plus lorsqu'il est consommé sur place que lorsqu'il est vendu au réseau. On ne parle plus d'un petit écart, mais d'un changement de modèle : la revente du surplus ne constitue plus une vraie source de revenus, elle devient une quasi formalité administrative.


À ce niveau de prix, on ne parle plus vraiment de vente, on parle presque de don :

tu finances une installation solaire, tu produis une énergie propre et locale, et on te propose de te la racheter vingt fois moins cher que ce qu'elle vaut sur ta propre facture.


« Le kilowattheure solaire le plus rentable n'est plus celui que tu vends , c'est celui que tu ne payes plus parce que tu l'autoconsommes. »


La logique, aujourd'hui, n'est donc plus de "revendre au réseau", mais de garder l'électricité pour soi : dimensionner l'installation sur ses besoins, piloter ses usages, éventuellement stocker, et limiter au maximum l'injection inutile à 1,1 c€/kWh.


2. Le vieux monde : QualiPV + EDF OA pour revendre… presque rien


Jusqu'ici, le modèle standard reposait sur deux piliers :


• la qualification RGE QualiPV, qui garantit la qualité de l'installation et conditionne l'accès aux aides nationales

• le contrat EDF OA (Obligation d'Achat), qui permet de vendre le surplus ou la totalité de la production à un tarif d'achat garanti.


Pour un particulier, cela signifie :


• choix d'un installateur QualiPV ;

• demande de raccordement de production auprès d'Enedis ;

• signature d'un CRAE, puis d'un contrat EDF OA ;

• facturation régulière du surplus, déclarations, suivi administratif sur la durée.

Et 20 ans de factures… pour presque rien


Ce dispositif avait du sens quand le tarif de rachat aidait réellement à financer l'installation. Avec un surplus payé 1,1 c€/kWh, on se retrouve à maintenir toute cette machinerie pour organiser la vente d'une énergie qui ne rapporte plus grand-chose au producteur résidentiel.


Un contrat EDF OA, c'est 20 ans de facturation du surplus : relevés, factures, échanges avec l'acheteur, suivi administratif. À 1,1 centime le kWh, tout ce travail ne débouche plus que sur quelques dizaines d'euros par an pour une petite installation, et parfois moins si elle est bien dimensionnée pour l'autoconsommation.


Si l'installation est correctement dimensionnée sur les besoins du foyer, il est souvent plus économique et plus simple de ne pas se connecter à EDF OA du tout :


• on évite 20 ans de formalités pour une revente symbolique ;

• on concentre le projet sur l'autoconsommation et, éventuellement, la non-injection

et la CACSI.

Autrement dit, mieux vaut bien dimensionner et garder son électricité pour soi, plutôt que de s'enfermer dans un contrat de revente qui occupe l'esprit et ne remplit plus le portefeuille.


3. La voie cohérente : autoconsommation totale et non-injection


Face à cette évolution, la réponse rationnelle est de basculer vers une logique autoconsommation d'abord.


• Dimensionner l'installation en fonction des besoins réels du bâtiment (profil de consommation, saison, puissance).

• Déplacer les usages en journée : chauffe-eau, piscine, climatisation, froid, charge de véhicule, etc.

• Envisager une batterie stationnaire pour conserver une partie de l'énergie pour le soir

et la nuit.

Chaque kilowattheure produit et consommé sur place remplace un kilowattheure acheté au fournisseur à environ 20 cts, donc il a une vraie valeur.


Mettre en place la non-injection

Certains onduleurs permettent un mode zéro injection :


• un compteur de puissance placé au point de livraison mesure en temps réel ce qui partirait vers le réseau ;


• l'onduleur ajuste sa production pour que la puissance exportée reste nulle ou très faible.


Dans ce schéma, l'objectif n'est plus de "valoriser" un surplus, mais de ne plus en avoir. L'électricité produite est utilisée pour la maison, la batterie, les équipements, sans être quasiment donnée au réseau.


4. Enedis : du contrat d'achat à la CACSI


Enedis distingue deux cadres pour les installations raccordées :


Autoconsommation avec injection

• Demande de raccordement de production.

• Contrat de raccordement (CRAE).

• Contrat d'achat (EDF OA ou autre), facturation du surplus, etc.


Autoconsommation sans injection

• Déclaration simplifiée de l'installation.

• Signature d'une Convention d'Autoconsommation Sans Injection (CACSI), qui formalise l'engagement à ne pas injecter sur le réseau.

• Pas de contrat de revente, pas de facturation de surplus, pas de montage OA à 1,1 c€/kWh.


Même sans injection, Enedis exige une déclaration et le respect des règles de sécurité, mais le cadre est allégé : on ne met plus en place toute la chaîne contractuelle pour vendre une énergie bradée.


5. Pour qui cela fait encore sens… et pour qui non


• Pour de grosses puissances tertiaires ou agricoles, certaines ventes de surplus peuvent encore s'intégrer dans un modèle global propre au site ou à l'autoconsommation collective.

• Pour un résidentiel classique, avec quelques kWc sur le toit, la vente à 1,1 c€/kWh n'est plus un vrai sujet : l'essentiel de la rentabilité se joue sur ce que l'on n'achète plus au fournisseur, pas sur ce que l'on vend au réseau.


Dans ce contexte, QualiPV reste une qualification utile pour garantir la qualité, mais le centre de gravité se déplace :


• moins de projets centrés sur le contrat EDF OA ;

• plus de projets conçus pour l'autoconsommation, la non-injection et l'éventuel stockage.



Conclusion


Avec un tarif de rachat à 1,1 centime le kWh, continuer à "produire pour le réseau" n'a plus de sens pour un particulier. La voie cohérente, aujourd'hui, c'est de produire pour soi : autoconsommation maximale, non-injection, éventuelle batterie, et un cadre administratif allégé via la CACSI plutôt qu'un contrat de revente symbolique.



Si vous voulez adapter votre projet solaire à ce nouveau contexte, Rayon Solaires peut vous aider à dimensionner une installation qui garde votre électricité pour vous, au lieu de la donner au réseau.

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